21 mars 2019 - Louvain-La-Neuve

Déménagement en quelque sorte. Le rapport que l'on peut avoir avec l'objet est purement hallucinant. Je ne suis pas collectionneur, plutôt spartiate, et me voici devant deux tonnes à déménager. Mais sérieusement comment est-ce possible ? C'est là que l'on voit à quel point de stockage on peut arriver au fil d'un glissement quotidien, sans même s'en rendre compte. Qu'en serait-il s'il fallait déménager une maison complète ?

Étant donné que je ne veux absolument rien jeter lors de ce déménagement, la démarche consomme une énergie démesurée. Tout jeter au parc à containers égale un quart d'heure en exagérant à peine. Tout trier et donner égale un mois et encore c'est un minimum. Une quantité colossale de petites choses sont offertes à qui en a vraiment besoin, de manière ciblée. Il est vrai qu'au fil des années, j'avais à ce point récupéré les objets neufs que les gens jetaient à la rue, ça s'était accumulé. Le but est de faire des heureux et autant dire qu'il serait bien que cet objectif soit atteint. Bref, ça déménage ! L'immense majorité est livrée à pieds dans LLN afin de ne pas alourdir le bilan carbone de l'objet.

Dès lors je suis à quelques encablures de ne plus avoir grand chose ; c'est un entraînement pour le futur. Ce dénuement pourrait être considéré comme de la pauvreté volontaire, mais je préfère parler de simplicité. Il est absolument bobo-écolo de procéder de la sorte. Oui effectivement j'en ai les moyens et c'est culpabilisant. La contrepartie la plus juste que j'ai pu trouver en cette démarche est de combler des gens qui sont réellement dans le besoin. Sans être riche non plus, il est clair que chaque geste doit être pesé désormais. C'est donc de la sorte que je l'avance : chaque gramme compte. Puisse mon infiniment modeste contribution porter le monde vers un meilleur. Sans être certain d'un réel gage de réussite, c'est le souhait que je porte en mon cœur.

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