16 mars 2019 - Louvain-La-Neuve

Actuellement sédentaire à Louvain-La-Neuve en Belgique, j'ai vécu de longues années au sein d'un emploi maltraitant. C'est probablement le sort de beaucoup de monde désormais, j'entends cette souffrance dans d’innombrables témoignages. Chaque jour qui passe dirige lentement notre société vers un comportement odieux, individualiste, déshumanisé, dénué d'altruisme et déconnecté de la réalité. Rien qu'une telle énumération est un coup de massue de plusieurs tonnes ; pour les gens normaux probablement non, mais pour une personne sensible c'est lourd à porter. C'est toxique même.

Après un parcours de cinq mois de recherches, j'ai désormais opté pour une roulotte. La belle naîtra en Ariège durant le mois d'août prochain. Elle me permettra de passer auprès de multiples exploitations agricoles éloignées de peu de distance : travailler la terre, aimer la terre, avoir un travail raisonnable. Oui certes, je suis incapable de démarier des carottes, mais déterminé à apprendre. Le nomadisme sera en quelque sorte un rêve qui se réalise. Bourré de désillusions et de difficultés, je n'en disconviens pas, mais au moins la vie sera humaine, généreuse, altruiste, respectueuse ; autre énumération, mais qui elle porte le cœur vers le haut.


Un peu comme tous les collapso, j'ai lu Pablo Servigne, écouté Anthony Brault, bu les paroles de Cyril Dion sur la revue Next. Oui il est très tard, oui il sera difficile de contredire quelqu'un qui affirmera qu'il est trop tard. En attendant les médias se concentrent sur le fait que Greta Thunberg est Asperger. Que peut-on en avoir à secouer si tant est que ses paroles sont justes ? Le décalage devient de plus en plus difficile à soutenir, des fois on a l'impression que c'est un fossé et ça invite à se décourager. C'est dur, mais il ne le faut pas abandonner.

En cet instant clé, j'avais tout sous la main pour effectuer librement le choix du nomadisme, quitter mon mode de vie égoïste et destructeur de ressources. C'était le moment. C'est dur, ça fait très-très-très peur, mais c'est maintenant. Ça rend heureux en fait. Ça fait comme si le sang de la vie se vidait de ses toxines. Il m'est dit : tu es en difficultés, occupes-toi de toi-même. Soit, oui, mais si je m’occupe de toi, je m’occupe de moi, parce que je suis radieux que tu sois heureux.

Il reste de tout cela le ressenti – presque un gâchis – qu'on est vide de sens quand on n'est pas à sa place. Louvain-La-Neuve a été et reste d'ailleurs une ville entraînante. Ville utopique, c'est un lieu un peu décalé même s'il reste bourré de contradictions. C'est avec regret que je mets les voiles. En même temps, je crois que le travail salarié a fait beaucoup de mal et en ce lieu, ma place n'était plus. Photo : Louvain-La-Neuve lors d'un don-livraison dans l'après-midi. C'est un signe !

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