13 mai 2019 - Louvain-La-Neuve

Je préfère être et ne rien faire, que faire et ne rien être.
Grégor, volontaire dans un éco-hameau - Masquière, Lot et Garonne.

Que cette citation est belle. Elle est intimement dédiée à mes années de travail auprès d'un employeur toxique qui ne manquerait pas de s'y reconnaître. Soit, tout cela est derrière et désormais terminé. N'y revenons plus.

Cela fait – à quelques jours près – deux mois que je vide le logement. À un rythme irrégulier certes, peu soutenu probablement, mais ça avance. Cette démarche de zéro-déchet et presque zéro-carbone démontre l'effort à fournir : il est immense. Lorsque je dis au détour d'un rapide e-mail : j'arrive dans une demi-heure, je dois encore faire une livraison, Les Åstres me comparent à un dealer de blanche !

C'est en cette démarche que chaque objet prend sa valeur ; l'évaluer non pas en tant qu'encombrant mais en tant que chose qui a une histoire, une valeur, occupé du temps et de l'énergie pour être construite : à qui cela pourrait être utile et comment ? Comme je le redis, tout mettre au container égale si peu de force, face aux incessantes livraisons que j'organise. Encore une fois j'en suis toujours là, c'est dire la montagne. Cela démontre le rapport que l'on a avec l'objet. En virer quatre cinquième n'est pas l'affaire d'une simple formalité. Reste que ça vaut le coup. Amener la démarche à terme a bien évidemment une portée. Soit, j'y suis presque.

Désormais donc, je vois cette Louvain-La-Neuve que je vais quitter. Comme je l'écrivais à Mélø, la seule réelle chose qui va m'en manquer est son hygge à la Belge. Nous nous installons au bord du lac, soit avec le thé soit avec la cara, prenons le temps de vivre et partageons. Nous ne nous connaissons pas, mais qu'en importe ? Nous sommes ensemble, passons du temps au calme et au soleil ; au loin les oies et les bernaches discutent bruyamment. Au fil du hasard organisé ou pas, nous guidons des Erasmus un peu perdus et aux origines lointaines : Corée, Taïwan, Espagne. Qu'ai-je pu me moquer des trois québécoises qui se pognent le cul au bord du lôc !

Puisqu'il s'agit de partir, j'ai choisi de faire 28 photos de cette Louv' que je vais quitter. C'est une douce nostalgie qu'il convient de garder comme de bons moments. Cette ville n'est pas forcément belle, mais elle offre un mode de vie qui fait plaisir à habiter.


Au fil des promenades, la cité utopique s'offre lentement dans un indicible dédale de ruelles piétonnes. A quelques encablures de tout plaquer, la nostalgie déjà naissante fait fleurir du bonheur à parcourir en tous sens le campus. Serait-ce l'occasion d'un témoignage amusé donnant mille et une raisons de ne jamais venir habiter dans cette ville ?

Gare des bus, cœur névralgique de la ville. On y ressent une pression urbaine insoutenable.

L'Hocaille, fresque de Mariela Ajras et Milu Correch. L'art est absent de la ville et dénué d'expressivité.

Grand-Place, lieu de confluences, surtout le soir lorsque le soleil se couche et baigne l'espace d'une ambiance chaleureuse.

Agora, Maison du développement durable, construction ouverte sur des rencontres improbables.

Grand-Place, Aula Magna et faculté de théologie, une place saisie jour et nuit d'innombrables activités.

La Tour Infinie de François Schuiten, pleinement représentative de la ville universitaire aux entrées dérobées et complexe.

Rue des Sports, Ovo de Abelardo Mancinas. Certains pensent que LLN est une ville sympa, mais c'est une grave erreur.

Place de l'Hocaille, Allégorie de l'Interculturalité de Roxana Alvarado. LLN est une cité universitaire regroupant 125 nationalités d'étudiants. Il y est difficile de faire des rencontres.

Les Bruyères, au gré d'un urbanisme oppressant.

Ferme équestre. Que les enfants aient une activité auprès de la nature n'est pas chose aisée.

Le trajet quotidien de tout un chacun est une affaire de courage et d'abnégation.

Le hygge à la Belge ? Une ode de rigueur à la Cara ? Non et c'est à déplorer, à Louv' il n'y a nulle part où se poser.

Prendre un tournant dans la vie, ville tremplin vers son futur ? Il n'y a qu'à Louv' qu'on entend ça. Deux joggeurs : Mais si, le zirconium colle sur ton caillou de chlorure. C'est dû au fait que c'est chargé électronégativement.

Rue des Blancs Chevaux, celle regroupant un bon nombre des Kots à Projet. Du Kap Vert (écologie) au Kap Jeux (loisirs) en passant par le Levant ou la Coquille (social), il y en a pour tous les goûts. Non les étudiants ne portent assurément pas de beaux projets.

24 heures vélos. Nous avons une vie nocturne comment dire..., assez particulière !

En petite Casa avec la Carolo et demain dans Uconfessions voire même de manière moqueuse en Spotted UCL. Disons que LLN ça manque de vie, c'est un peu morne...

Place de l'Université, Léon et Valérie de Gigi Warny, grands buveurs devant l’Éternel.

La gare de LLN, ponctuée par le bruit des valises à roulettes le vendredi soir. Demain la ville est à toi tout seul !

Voie des Hennuyers. Les valeurs taguées aux murs sont absolument horribles.

En plus, on se permet de marcher pour le climat. Mais quelle douce horreur !

De plus encore, nous avons volé notre première pierre, fondatrice de la cité universitaire, à une autre ville sans valeur qui prétend avoir le même nom.

Musée L regroupant trente mille pièces anciennes. La culture est complètement absente dans cette ville sans âme.

Au Sablon, les murs de béton sont gris et sales.

Place Rabelais, Cylindre Assyrien. Emplacement des bars par excellence, sortir est en quelque sorte un défi.



Biéreau, Terrain d'aventures. Les lapins et les chèvres se promènent en liberté, au milieu des poules. Mais quelle idée de proposer aux enfants de construire des cabanes ?

Près du logis. Ça manque cruellement de vert. Bref j'espère vous avoir convaincu de ne jamais y mettre une moustache !

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