25 juin 2019 - Louvain-La-Neuve

La fin de déménagement a pris son inévitable tournure extrêmement chaotique. C'était à ce point prévisible que c'en était planifié ; dès lors tout va bien. Sans l'aide des amis, j'étais réduit à l'état de purée agro-industrielle en poudre. Encore une fois, merci à tous.

Le passage de la vie sédentaire à la vie nomade écoresponsable a impliqué une transformation du rapport à l'objet. Il a fallu supprimer 90% des possessions. État de fait complété que de la psychologie survivaliste, je suis graduellement passé à collapso. Sans solidarité, nous ne serions qu'en sursis et ce déménagement en a été une preuve éclatante : sans aide, à ce titre quand même forte, cela débouchait sur un échec critique.

Ce déménagement était désiré comme le moins-possible-émission-carbone ainsi qu'un moins-possible-poubelles. En voici un bilan, méticuleusement cautionné sur du papier de récupération.

Volume réduit, la valeur de 90% étant indispensable : 75%. Le volume excédentaire correspond à une tonne virgule 25 de nourriture placée sous vide : riz, légumineuses, quinoa, la machine à vide, les sacs à vide. Cela correspond à un reliquat survivaliste. Ce volume n'a pas été supprimé étant donné qu'il sera profitable aux communautés que nous allons fonder. Ce sera graduellement utilisé dès septembre. Ce reliquat a énormément alourdi le bilan carbone. Aussi, il s'agit d'objets sentimentaux, inutiles mais conservés. On reste humains...

Kilomètres parcourus en voiture : 806. Soit 97,5 kg CO2.
Kilomètres parcourus à pieds : 745.
Nombre de ventes ou dons : 302.
Nombre d'objets jetés (ils étaient vraiment morts) : 3 sacs poubelles de tout-venant, soit 150 g CO2 pour les sacs. Pour le contenant, non quantifiable mais assez élevé au vu que ça part en incinération. 1 caisse et demie de papiers-cartons. 1 sac de tissus partis en revalorisation de fibres. Quelques revalorisations de verre, de bois et de métal, minimes.
Nombre de jours de retard accumulés : actuellement et a priori 50.

Premier essai de compactage. 350 kg. A terme, 255 kg seront dévoués à la vie future.

Cela témoigne pleinement de la difficulté. Même quand on veut même quand on le veut fort ça reste difficile. Ne jugeons pas trop vite les gens qui font-ci ou qui font-ça. En tant que précurseur (encore que, c'est présomptueux, ça se répand comme une trainée de poudre), cette activité de déménagement démontre bien qu'aucune leçon n'est à donner.

Désormais sans table, sans chaise, un bête écran de pc par terre, ce compte-rendu témoigne de la forme que le quotidien va prendre. Quatre mois ont été nécessaires pour produire la photo ci-dessus, et pourtant ça a l'air à ce point anodin ! La fin de la première étape approche. Sans détour je le dis, je suis exténué, mais plus motivé que jamais en vue de cette transition.

Dernière soirée hygge au lac, enfin la flaque puisqu'il n'y a plus d'eau. J'en publiais en fin-avril une photo collapsologique pour le moins chaotique. Désormais le lac est vert, colonisé par un merveilleux chénopode. C'est beau. La nature a repris ses droits. C'est sur cette image que je quitte Louv : le témoignage d'une vie qui est belle et touchante. Prochaine publication sous peu, oh mazette que c'est proche, la photo du rendu des clés ; étape symbolique mais importante.


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